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mercredi 12 novembre 2008

une autre ecole s'effronde!!

Toutes mes pensées se tourne vers le pays de ma fille...

Cinq jours après l'effondrement d'une école qui avait fait au moins 93 morts, une autre école s'est effondrée, mercredi, dans le centre-ville de Port-au-Prince en Haïti.

L'effondrement a fait au moins sept blessés qui ont été transportés à l'hôpital, mais on ignore s'il y a des morts. Heureusement, les élèves étaient en récréation au moment de ce deuxième effondrement en quelques jours.

L'école était construite en béton et le toit s'est effondré. Les secouristes sont sur place pour dégager le béton et voir s'il y a d'autres victimes.

Mardi, de fortes pluies étaient tombées sur Port-au-Prince.

Vendredi dernier, l'effondrement de l'école La Promesse, à Pétionville, dans la banlieue de Port-au-Prince, a fait 93 morts et plus de 150 blessés. La capitale d'Haïti observait un deuil de deux jours (mercredi et jeudi) en mémoire des enfants morts dans l'école de Pétionville lorsque ce nouvel effondrement s'est produit.

dimanche 9 novembre 2008

le bilan...une pensée pour Haiti

Juste un petit mot pour dire que ce n'est plus seulement 2 morts:( mais beaucoup plus...soit plus de 94 personnes et beaucoup de blessés

Les secouristes ont poursuivi toute la journée de samedi leur fouille des décombres d'une école de Pétionville, située dans un quartier pauvre en banlieue de Port-au-Prince, qui s'est effondrée vendredi.
Selon le plus récent bilan rendu public, 84 enfants et enseignants ont péri lorsque le bâtiment de trois étages s'est affaissé, vendredi après-midi. Pour sa part, l'agence Reuters avance qu'un nouveau bilan provisoire serait de 92 morts.
Les travaux au cours de la nuit ont permis de sauver quelques enfants, mais aussi, une vingtaine de nouveaux cadavres ont été découverts.
Au cours de la nuit de vendredi à samedi, au moins 35 élèves, soit 13 filles et 22 garçons, ont été extraits vivants des ruines du bâtiment.
Le bilan pourrait s'alourdir davantage. Selon les autorités haïtiennes, environ 500 enfants et adultes étaient susceptibles de se trouver dans l'école La Promesse lors de l'accident. Entre 100 et 150 personnes seraient encore sous les décombres et l'espoir de les retrouver vivantes s'amenuise au fur et à mesure que le temps avance.
On compte par ailleurs environ 150 blessés

Des ingénieurs de la mission de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), des membres de la Croix-Rouge haïtienne, de Médecins sans frontière et des habitants du quartier sont à l'oeuvre sur les lieux, à tenter de dégager de possibles survivants des décombres.
« Tout le monde essaie de contribuer à l'effort pour secourir ces pauvres gens, tous les moyens de l'ONU peuvent être utilisés, mais on a besoin de personnel et d'équipements spécialisés pour éviter des pertes supplémentaires », a déclaré Hédi Annabi, le chef de la mission onusienne.
La France a dépêché vendredi une quinzaine de pompiers martiniquais, accompagnés de maîtres-chiens. L'Agence américaine pour le développement international (USAID) a envoyé pour sa part 38 secouristes et travailleurs humanitaires, et 14 tonnes d'équipement de secours. Des secouristes canadiens seraient également attendus.
Des centaines de parents affolés, qui ont accouru sur les lieux, ont compliqué un temps le travail des secouristes et des volontaires. Nombreux étaient ceux qui souhaitaient se lancer eux-mêmes dans les décombres à la recherche de leurs enfants.
Les Casques bleus et les policiers haïtiens ont par la suite réussi à établir un cordon de sécurité ainsi que des points de contrôle, ce qui a considérablement réduit l'incessant va-et-vient.
Une construction douteuse
Plusieurs habitants du quartier n'ont pas manqué de souligner que l'édifice de trois étages avait, à leur avis, été mal reconstruit après s'être effondré partiellement, une première fois, il y a huit ans. Le troisième étage du bâtiment était encore en construction au moment de l'effondrement.
Le président René Préval, qui s'est rendu sur les lieux de la tragédie, a lui-même dénoncé la piètre construction du bâtiment. D'ailleurs, le propriétaire du bâtiment, Fortin Augustin, qui est un pasteur protestant, a été arrêté.
« Si vous regardez cette construction, il n'y a pas suffisamment de fer et de ciment, elle n'était pas conçue pour accueillir autant de personnes », a déploré le président, soulignant que les standards gouvernementaux n'avaient visiblement pas été respectés.
Le sénateur Yvon Bissereth, responsable de la commission Éducation au Parlement, a indiqué son intention de demander au ministère de l'Éducation de procéder à une inspection généralisée des écoles pouvant présenter des problèmes similaires de structure.

vendredi 7 novembre 2008

article

Haïti
Une école s'effondre sur ses élèves: au moins deux morts et 20 blessés
Associated Press (AP)
07/11/2008 13h09

Un bâtiment scolaire s'est effondré aujourd'hui à Petionville, dans la banlieue de Port-au-Prince, alors que des élèves se trouvaient à l'intérieur. Au moins deux personnes sont mortes et au moins 20 élèves ont été blessés.

Des centaines de secouristes et de riverains fouillaient les gravats du bâtiment de béton. Des membres de la Croix-Rouge haJitienne et de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) étaient sur place.

Tandis que les victimes étaient extraites des décombres, des sanglots et des prières s'élevaient de la foule.

Un reporter de l'Associated Press a vu les cadavres de deux femmes et a dénombré au moins 20 enfants blessés. Certains d'entre eux, blessés à la tête, saignaient abondamment.

Pour une raison encore indéterminée, le premier étage du bâtiment de béton s'est écroulé sur le rez-de-chaussée.

Ce bâtiment scolaire de Petionville, banlieue relativement aisée de Port-au-Prince, abritait une école maternelle ainsi que des classes pour des élèves plus âgés.

Il pouvait y avoir jusqu'à 200 élèves à l'intérieur au moment de l'effondrement, selon un policier.

lundi 8 septembre 2008

Les ouragans..pas drôle pentoute

Le lundi 08 septembre 2008

Violaine Ballivy

La Presse

Plus d'un demi-million de personnes ont été évacuées hier dans l'île de Cuba, placée en état d'alerte maximale avant le passage de l'ouragan Ike, dont les fortes pluies ont de nouveau semé la mort et la désolation en Haïti.

La plupart des routes menant à la ville des Gonaïves, la plus touchée par le passage de Hanna et Gustav, auraient été détruites ou inondées hier, stoppant de nouveau la distribution de vivres et d'eau potable, qui venait à peine de recommencer la veille.

Un convoi de trois camions du Programme alimentaire mondial en route vers un camp de réfugié installé à Saint-Marc, à quelque 60 km des Gonaïves, a dû rebrousser chemin à cause de l'effondrement d'un pont. Des kilomètres de chaussée se sont affaissés. L'eau a recouvert les champs, et les habitations baignent dans plus de 50 cm d'eau boueuse. «C'est une très mauvaise nouvelle. Cela veut dire que les besoins en eau et en nourriture se font encore plus pressants qu'avant. Des gens qui avaient trouvé des refuges ont été de nouveau inondés et isolés. La situation est de plus en plus grave», a déclaré à La Presse le responsable des opérations de la Croix-Rouge internationale, Jean-Pierre Taschereau, joint à Port-au-Prince.

Des secouristes français ont essayé de tracer un nouvel accès par le nord de l'île, en vain. Pire: tous les avions ont été cloués au sol hier par des fortes pluies et des vents violents. «Tant qu'il n'arrêtera pas de pleuvoir, la situation continuera de se détériorer», a dit M. Taschereau.

Les journalistes sur place ont rapporté les témoignages de dizaines de sinistrés affamés. «L'eau avait baissé depuis mardi, mais elle est remontée ce matin. Et nous, on a faim, regarde!» a dit Nicolas Jean-Charles à une reporter de l'AFP en soulevant son t-shirt pour montrer du doigt son maigre ventre. Les plantations sont ravagées.

Joint aux Gonaïves, Jacquelin Eugène a prédit que les lendemains de la saison des ouragans 2008 seront encore plus pénibles que ceux de Jeanne, en 2004, qui avait pourtant fait 3000 morts. «Et il pleut toujours, c'est-à-dire que l'eau continue de monter dans les rues et que les inondations reprennent de plus belle», a souligné le travailleur humanitaire. Le passage d'Ike aurait déjà fait 47 morts, dont 13 enfants, qui s'ajoutent aux quelque 500 victimes de Gustav et Hanna.

Ike a aussi causé des dégâts matériels considérables dans les îles Turks et Caicos, petit territoire britannique dans les Caraïbes. Des vagues de plus de 5,5 mètres de haut auraient complètement détruit 80% des maisons de l'archipel. Le premier bilan ne fait toutefois état d'aucun mort ni blessé parmi les quelque 3000 résidants.

Afin de prêter secours aux sinistrés des récentes tempêtes tropicales, la ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon-Tremblay, a annoncé hier une aide d'urgence de 100 000$. Ces fonds seront expédiés par l'intermédiaire de la Croix-Rouge canadienne, le Centre d'études et de coopération internationale, Oxfam-Québec et Médecins du monde.

Évacuation à Cuba

Hier soir, Ike a été rétrogradé de la catégorie 4 à la catégorie 3 peu de temps avant son arrivée à Cuba, mais la Défense civile a maintenu la phase d'alerte maximale pour tout l'est et le centre du pays. Tous les moyens de transport ont été réquisitionnés pour évacuer quelque 500 000 personnes, dont des milliers de touristes étrangers.

Le 30 août, Gustav, de catégorie 4, a détruit ou endommagé 140 000 bâtiments dans l'ouest de l'île avec des rafales de 340 km/h, un record à Cuba. Il n'a toutefois pas fait de victimes comme cela a été le cas dans d'autres pays des Caraïbes. Les États-Unis ont offert une aide financière à Cuba, mais la secrétaire d'État, Condoleezza Rice, a exclu tout allègement de l'embargo maintenu depuis 1962 contre l'île communiste, à l'exception des produits alimentaires et pharmaceutiques.

jeudi 22 mai 2008

article de journal

Le samedi 10 mai 2008


Une histoire d'amour




Pierre Foglia

La Presse

En guise d'avant-propos: le jeu consistait à résumer sa vie en six mots. J'avais rapporté dans cette chronique quelques réponses, dont celle, toute simple et lumineuse, de Magalie: Née en Haïti, élevée au Lac-Saint-Jean

J'avais aussitôt reçu quelques courriels de lecteurs enthousiastes: une Magalie haïtienne élevée au Lac-Saint-Jean? Il faut que ce soit la magnifique, la spectaculaire Magalie Boutin. Un de mes collègues à La Presse en a rajouté: Hé, ta Magalie c'est la grande chum à ma blonde, elles ont nagé ensemble au Rouge et Or.

T'as dis lumineuse? Tu ne pouvais pas mieux la décrire. Je l'ai rencontrée chez elle quelques semaines plus tard. Elle m'a ouvert la porte et j'ai fait wow! Même si c'est pas poli. Ciel et pattes de gazelle, elle était bien plus grande encore que je l'imaginais, et bien plus noire. J'ai d'abord pensé au noir des poèmes d'Aimé Césaire, mais c'était juste parce que Césaire était mort la veille, en fait elle n'est pas de ce noir-là du tout, la poésie de Césaire est d'un noir offensé, alors que Magalie est d'un noir innocent, d'un noir qui ne sait même pas qu'il est nègre et qui s'en fout éperdument. Ses deux petits garçons jouaient dans le salon. Sa maman était là aussi. C'est son histoire que je raconte ici, l'histoire de Magalie, mais surtout de la maman de Magalie et de son papa et de ses frères, une histoire de famille, une histoire d'amour.

On est en 1978 à Alma. Danielle Beaumont est mariée à Raynald Boutin. Elle est institutrice. Lui est prof d'éducation physique. Elle a 28 ans, lui 29. Ils ont trois garçons. Le plus vieux, Yan, a 6 ans. Celui du milieu, Chad, 4 ans et demi. Le dernier, Dannick, 3 ans. Et voilà, c'est déjà tout réglé pour les enfants, de toute façon Danielle ne peut plus en avoir.

Danielle: Je n'étais pas du tout une «super maman». Pas question que je reste à la maison, pas question que je laisse l'enseignement, je faisais du théâtre amateur et c'était important aussi.

Le père, lui, était très impliqué dans les loisirs et les sports à Alma. Une gardienne à demeure s'occupait des enfants. Les Boutin vivaient dans une belle grande maison, dans le rang Scott, à cinq kilomètres d'Alma.

C'était réglé pour les enfants, mais pas tout à fait. Danielle avait un regret qui la taraudait de plus en plus: une fille. Et si on en adoptait une? Raynald s'est laissé convaincre assez facilement. Ils se sont adressés à une agence privée. Le 4 avril 1978, coup de téléphone de l'agence:

Vous voulez une fille? On en a deux. Des jumelles. Elles ont à peu près 4 mois, on ne sait pas exactement leur âge. Les couples qui vous précèdent sur la liste ont tous décliné.

Ils ont pris la nuit pour y penser. Le lendemain Danielle a rappelé l'agence: OK.

Ils ont annoncé aux garçons qu'ils allaient avoir deux petites soeurs d'une autre couleur. À Alma, en 1978, les enfants étaient d'une seule couleur. Alors un dimanche, toute la famille est allée à Chicoutimi chez un couple qui avait adopté une petite fille noire. Les garçons l'ont prise dans leurs bras, sauf Dannick qui, à 3 ans, était trop petit, mais pas fou, il a bien vu qu'elle avait les mains sales, il a essayé de les frotter: allons bon, ça ne partait pas.

Ils sont retournés à Alma, ils ont attendu deux mois.

Danielle: Ma pire grossesse. On nous avait dit qu'elles n'étaient pas en très bonne santé et que pour cela on accélérerait les démarches administratives, je trouvais que ça n'accélérait pas beaucoup. Je ne les portais pas dans mon ventre mais j'avais des crampes pareil, on nous avait envoyé une mauvaise photo que j'ai usée à force de la regarder et de la montrer à tout le monde. J'ai finalement accouché le 6 juin, je veux dire j'ai pris l'avion pour Port-au-Prince le 6 juin 1978, il y a tout juste 30 ans.

Raynald l'accompagnait. Les garçons étaient chez les grands-parents. Le monsieur de l'agence qui les attendait à l'aéroport de Port-au Prince les a conduits directement à l'orphelinat. Danielle se souvient qu'il y avait des poules dans la cour, que des enfants de tous les âges les entouraient, espérant qu'ils étaient venus pour eux. Les petites étaient couchées dans la même bassinette.

Danielle: Un bonheur fou nous a aussitôt envahis. On les a prises dans nos mains, elles ne pesaient rien, décharnées, minuscules, le ventre ballouné comme les enfants sous-alimentés. Elles avaient plein de bobos. Elles étaient vraiment très noires, de ce noir si noir qui fait dire aux Haïtiens qu'elles venaient probablement des montagnes. On n'a jamais su d'où exactement, les religieuses de l'orphelinat non plus. Quelqu'un les avait recueillies de quelqu'un qui les avait trouvées, elles avaient finalement échoué chez un curé qui les avait confiées à l'orphelinat.

Magalie et Sabrina.

Magalie pleurait. Sabrina avait le regard éteint. Les deux avaient la diarrhée. Danielle et Raynald ont quitté Port-au-Prince avec leurs petits paquets à 6h du matin. Ils avaient laissé leur auto à Dorval, sont arrivés à Alma à minuit. Sont allés chercher les trois garçons chez les grands-parents.

Voici vos petites soeurs, les garçons. Les deux plus grands en ont pris chacun une. Le plus petit a fait la baboune: Pourquoi t'en as pas acheté trois?

Tout s'est placé rapidement. Au bout de quelques jours, les bébés filles se sont mises à manger comme des défoncées, elles n'avaient pas de fond. Le visage de Sabrina s'est illuminé. Magalie ne pleurait plus. Elles s'endormaient en se tenant par la main. Et quand on les promenait dans la même double poussette, tout Alma s'ébaudissait: comme elles sont noires! Comme elles sont belles! Jamais rien de plate, sauf une fois, une terrible fois quand même, une voisine, voyant Danielle embrasser les jumelles, a fait la grimace en disant: Comment tu fais pour donner des becs à ça?

Pour le reste, que de la discrimination positive. Ce qui pose un autre genre de problème. Danielle toujours interpellée dans la rue et dans les allées de l'épicerie, toujours à raconter la même histoire, et forcément les petites qui deviennent des attractions. Danielle et Raynald ont vu à ce qu'elles ne deviennent pas des emmerdeuses, ce qui guette souvent les attractions. Une fois, Magalie a donné un coup de pied à un petit garçon qui venait de la traiter de négresse, c'était pendant le cours d'éducation physique, le prof - son le père en l'occurrence - l'a envoyée au coin...

Oui mais papa...

Tais-toi! Regarde le mur.

Elles ont été de très bonnes élèves. Puis des ados populaires auprès des garçons. Mais elles étaient aussi fort occupées à nager, imitant en cela deux de leurs frères déjà d'un bon niveau universitaire. Les jumelles les ont dépassés, atteignant le niveau national, Sabrina en brasse, Magalie comme sprinteuse. D'ailleurs quand on voit leurs épaules, on les croirait plutôt d'origine est-allemande que haïtienne. C'est une blague, bon.

Pour leur trentième anniversaire, Danielle et Raynald leur ont adressé une lettre pour les remercier de... de les avoir adoptés!

Merci les filles de nous avoir adoptés, d'avoir adopté vos frères et toute la famille, et nos amis, et notre environnement. Merci d'être aussi belles, aussi bien dans votre peau, aussi chaleureuses. Merci pour cette histoire d'amour. Merci à la vie. Signé: papa, maman.

mercredi 9 avril 2008

article sur la situation en haiti

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POLITIQUE
Haïti-manifestations: René Préval, « propositions » et « vérités »
Posté le 9 avril 2008

Après une attente d’une demi-journée, le président haïtien, René Garcia Préval a livré son message à la population. Le visage fermé, le chef de l’Etat a énuméré les causes de la cherté de la vie et proposé des solutions à long terme.

« Parce que je vous respecte, je vais vous dire la vérité. » Phrase avec laquelle M. Préval débute son discours. « Les prix ont considérablement augmenté sur le marché international et tous les pays en sont victimes les plus pauvres comme le nôtre sont les plus touchés ».

Citant en exemple des pays comme l’Ethiopie, le Maroc et le Cameroun qui connaissent les mêmes problèmes, le président a proposé des solutions pour pallier à la situation actuelle de misère dans laquelle vit le peuple haïtien.

« L’Etat ne peut pas se permettre de subventionner les produits alimentaires importés. Ce serait porter un coup terrible à la production nationale. Ce qui se passe aujourd’hui est le résultat de plusieurs années de mauvaise gestion …»

Chiffre à l’appui, René Préval a démontré que le pays dépense 270 millions de dollars chaque année dans l’importation de riz. « Nous ne pouvons pas baisser les taxes sur les matériaux de construction. Avec quoi construirait-on des routes sinon ? »

« Nous ne pouvons pas non plus baisser les taxes sur les produits de première nécessité puisqu’aujourd’hui, nous payons les conséquences de cette politique vieille de plus de 20 ans. Nous ne pouvons pas subventionner le riz d’importation. Ce serait tuer la production nationale. »

« Ce que je propose comme solution, c’est de subventionner les engrais, maintenant qu’arrive la saison des pluies pour permettre à nos cultivateurs de planter. Entretemps, nous les emploierons à curer les canaux d’irrigation afin qu’ils gagnent un peu d’argent pour subvenir à leurs besoins immédiats. »

Mais en attendant, le locataire du Palais national demande aux fonctionnaires publics qui ont reçu 35% d’augmentation au début de l’année fiscale, de partager avec leurs frères et sœurs dans la nécessité.

« Nous prélèverons 10% du salaire des fonctionnaires de l’Etat qui touchent plus de 30.000 gourdes pour venir en aide aux nécessiteux. Nous subventionnerons le riz national et nous continuerons à construire des routes pour permettre une meilleure circulation des denrées et une baisse dans les prix du transport commun. »

Aux contestataires qui vandalisent les magasins dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, le président envoie un message clair. « Je vous ordonne d’arrêter car la police nationale ne pourra pas supporter plus longtemps cette situation. »

M. Préval, à la fin de son message, a envoyé ses sympathies aux parents des personnes victimes des derniers événements, propriétaires vandalisés ou manifestants blessés ou morts.

Des manifestants sont cependant encore dans les rues. Dans certains endroits, sur la route de l’aéroport, certains réclament le départ de la Minustah.


MB/HPN

article sur la situation en haiti

Haïti en proie à des émeutes, le président Préval appelle au calme
Par Clarens RENOIS



De nouveaux actes de violence accompagnés de tentatives de pillages étaient en cours mercredi en Haïti, où les Casques bleus de l'ONU sont à nouveau intervenus avec des tirs de gaz lacrymogène à Port-au-Prince, près de la présidence haïtienne, selon des témoins.

Imprimez Réagissez Classez Haïti a été secoué mercredi par de nouvelles émeutes provoquées par une brusque augmentation des prix des denrées de base, qui ont conduit le président René Préval à lancer un appel au calme.

Les Casques bleus de l'ONU, qui protègent depuis mardi le Palais national, siège de la présidence à Port-au-Prince, ont à nouveau tiré des gaz lacrymogène pour refouler des manifestants, selon des témoins.

Les manifestations mardi avaient fait une quinzaine de blessés. Depuis le début de la crise il y a une semaine, au moins cinq personnes ont été tuées et une quarantaine blessées.

"La vie chère frappe les pays riches commes les pays pauvres. Nous payons les conséquences de mauvaises politiques appliquées depuis 20 ans en Haïti", a déclaré le chef de l'Etat, René Préval, 65 ans, au pouvoir depuis deux ans et qui a déjà exercé un premier mandat présidentiel entre 1996 et 2001.

"Les manifestations et les destructions ne vont pas faire baisser les prix ni résoudre les problèmes du pays. Au contraire, cela peut faire augmenter la misère et empêcher les investissements dans le pays", a-t-il mis en garde dans un message diffusé par la télévision nationale d'Haïti, alors que retentissaient de fortes détonations dans la capitale.

"J'ai ordonné à la police haïtienne et aux (quelque 7.000) soldats de l'ONU de mettre fin aux pillages", a-t-il ajouté.

Très tôt dans la matinée, des jeunes avaient pris possession de plusieurs rues de la capitale, jonchées de barricades faites de pneus et de grosses pierres, paralysant l'ensemble des activités.

De nombreux commerces ont été mis à sac par des manifestants dotés de gourdins et d'armes à feu, selon des témoins. La station radio Vision 2000 a été la cible de jets de pierres, ont déclaré sur les ondes des présentateurs en appelant la police à l'aide.

Plusieurs parlementaires ont demandé un changement de gouvernement. Il faut "des mesures économiques urgentes à moyen et long terme ainsi que des décisions politiques courageuses", a déclaré le président de l'Assemblée nationale, Kelly Bastien.

"Ces journées de violences ont ruiné deux ans de constructions", a déploré un diplomate s'exprimant sous anonymat.

Au lendemain du soutien apporté par le Conseil de sécurité au gouvernement haïtien, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté "tous les manifestants à renoncer à tout acte de violence". Compréhensif "pour la souffrance du peuple haïtien", M. Ban "encourage les bailleurs de fonds internationaux à apporter de manière urgente leur assistance à Haïti".

Comme il y a une semaine, des manifestations se sont aussi produites en province. Aux Gonaïves (ouest) et à Saint-Marc (nord), des centaines de manifestants sont descendus dans les rues, selon des radios haïtiennes.

Les prix des produits alimentaires ont flambé en une semaine en Haïti où un sac de 120 livres de riz est passé de 35 à 70 dollars tandis que le prix de l'essence connaissait une troisième hausse en moins de deux mois.

Le président haïtien a indiqué qu'il allait rencontrer des importateurs de produits alimentaires pour tenter de faire baisser les prix. "Il faut produire quatre fois plus et ne pas dépenser 270 millions de dollars annuellement dans l'achat du riz à l'étranger", a-t-il estimé.

"Nous appelons les fonctionnaires de l'administration qui gagnent un salaire mensuel de plus de 30.000 gourdes (environ 750 dollars) à donner 10% pour aider les plus pauvres", a-t-il ajouté.

Avec 8,5 millions d'habitants, Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, dont 80% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, soit en dessous de seuil de pauvreté.

article sur la situation en haiti

Haïti/Émeutes de la faim : Le Programme alimentaire mondial lance un appel d’urgence

mardi 8 avril 2008

P-au-P, 8 avr. 08 [AlterPresse] --- Le Programme alimentaire mondial (PAM) cherche à récolter 96 millions de dollars américains pour venir en aide à Haïti, faisant face à une crise alimentaire aigue.

L’appel d’urgence du PAM n’a, à ce jour, reçu que 13% des 96 millions de dollars nécessaires pour nourrir 1,7 millions de personnes, ce qui est à peine suffisant pour maintenir les activités jusqu’à la fin du mois d’avril, selon des informations obtenues par AlterPresse.

La directrice de l’agence, Josette Sheeran, a prévenu que la montée des prix de la nourriture pourrait conduire à davantage de tensions dans un certain nombre de pays, souligne un communiqué publié à Rome, ce 7 avril 2008.

En raison de la montée du prix de l’alimentation, le Programme alimentaire mondial a dû réviser son appel de 22%.

Dans l’intervalle, les tensions sociales liées à la hausse du coût de la vie se poursuivent à Port-au-Prince et dans certaines villes de province où au moins cinq morts sont déjà enregistrés.

Dans la matinée de ce 8 avril, des groupes de protestataires ont tenté d’investir l’enceinte du Palais présidentiel. Les policiers, qui assurent la sécurité du bâtiment, ont dû tirer en l’air.

Le photojournaliste Jean-Jacques Augustin a reçu un projectile au dos. Il a été transporté d’urgence à l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti. [do vs apr 08/04/2008 12:10]

article sur la situation en haiti

Haïti/Vie chère : 1 mort et 4 blessés par balles dans des protestations tendant à se généraliser
Bilan partiel d’une quatrième journée de manifestations

lundi 7 avril 2008

P-au-P, 7 avr. 08 [AlterPresse] --- Des violences ont été enregistrées à Port-au-Prince et dans certaines villes de province au cours d’un mouvement de protestation, initialement contre la cherté de la vie qui frappe toutes les couches de la population depuis octobre 2007, a constaté l’agence en ligne AlterPresse.

1 mort, 4 blessés par balles (dont 2 aux Cayes, ainsi qu’un étudiant et un policier à Port-au-Prince), plusieurs pare-brise de véhicules brisés (dont 2 de la chaîne privée Télé Haïti à Martissant – banlieue sud - et à l’avenue John Brown à Port-au-Prince, un nombre indéterminé de véhicules incendiés, la résidence de la famille du sénateur Jean Gabriel Fortuné saccagée aux Cayes, troisième ville du pays, jets de pierres contre plusieurs édifices publics et privés, barricades de pneus usagés enflammés, divers incidents çà et là : c’est le bilan non exhaustif des casses opérées pendant une quatrième journée de protestation nationale ce 7 avril.

Non satisfaits de l’absence de réponses concrètes du gouvernement aux desiderata de la population et déplorant le problème de communication chez les dirigeants, notamment contre la hausse accélérée du coût de la vie, des manifestants ont usé d’actes violents pour faire passer leurs revendications.

Ils s’en prennent non seulement au Premier ministre Jacques Edouard Alexis et au reste du gouvernement, mais aussi au président René Garcia Préval, dont ils réclament la démission pour « absence de vision » et « de réponses immédiates concrètes » à la misère et à la faim, lot d’une grande partie de la population ces derniers mois.

Un sénateur en difficulté

La résidence de la famille du sénateur du Sud Jean-Gabriel Fortuné a été pillée, ce 7 avril 2008, dans la ville des Cayes (à 186 kilomètres au sud de Port-au-Prince), par des manifestants en colère, apprend AlterPresse.

Intervenant sur des stations de radio de la capitale haïtienne, le parlementaire estime que ce mouvement de protestation serait manipulé par des trafiquants de drogue et des militants du parti Fanmi Lavalas.

Fortuné signale la présence de « Ti Pistòl », de son vrai nom Lucien Angela, parmi les manifestants. « Ti Pistòl » était un membre influent des organisations populaires Lavalas avant la chute du régime de Jean-Bertrand Aristide.

« Il s’agit d’un mouvement purement politique. Ils [ces manifestants] cherchent à résoudre avec moi des problèmes politiques », déclare sur Radio Métropole Jean-Gabriel Fortuné.

L’élu du Sud interprète ce mouvement comme une « revanche de la Fanmi Lavalas et des trafiquants de drogue ».

« Ce sont des gens qui profitent des revendications légitimes de la population », insiste Gabriel Fortuné qui appelle à l’arrestation de tous les fauteurs de trouble. Le parlementaire a toutefois indiqué que la police est impuissante face aux manifestants qui se montrent de plus en plus violents.

La famille Fortuné est pour l’heure sous le choc. Margareth Fortuné, responsable de l’Association des femmes victimes de la faillite des coopératives, s’inquiète du sort qui pourrait être réservé à son frère, le sénateur Jean-Gabriel Fortuné.

Larmes aux yeux, Margareth Fortuné demande au pouvoir exécutif de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de son frère, en difficulté.

Sur les ondes de Signal FM, Margareth Fortuné demande pardon aux manifestants pour les multiples déclarations du sénateur Fortuné relatives à ce mouvement de protestation.

Dans la foulée, une personne a été tuée par balles portant le bilan à au moins 4 morts par balles aux Cayes, depuis le lancement de cette levée de boucliers le 3 avril 2008.

Ce nouveau décès s’est produit non loin de la résidence du sénateur Jean Gabriel Fortuné, objet d’attaques de la part de certains manifestants.

Mobilisation à la capitale

Parallèlement, la mobilisation contre la vie chère tend à augmenter en intensité à Port-au-Prince et d’autres villes de province (Petit-Goâve, Jérémie, Cayes) où plusieurs milliers de personnes ont investi les rues pour exprimer leur ras-le-bol.

A Port-au-Prince, en fin d’après-midi du lundi 7 avril, un étudiant a été blessé par balle, dans des circonstances non élucidées, non loin de la Faculté des Sciences humaines et de l’Institut national d’administration, de gestion et des hautes études internationales (Inaghei), deux entités de l’Université d’Etat d’Haïti.

Très tôt, dans la capitale, ce 7 avril, plusieurs groupes de manifestants ont fait valoir leurs revendications. Des étudiants de l’Ecole normale supérieure ont entamé un mouvement en érigeant des barricades aux abords de cette entité de l’Université d’Etat d’Haïti.

Aux environs de la Faculté d’Ethnologie, des barricades de pneus enflammées ont été dressées. Mais la police faisait bonne garde.

La panique a gagné d’autres endroits de la capitale, notamment à Canapé-Vert et à l’avenue John Brown au niveau de Lalue. Des passants ont dû courir à toutes jambes pour éviter d’être victimes.

Plusieurs écolières et écoliers, ainsi que divers professionnels, ont dû regagner leur domicile devant les difficultés éprouvées pour trouver des véhicules de transport public, dont les chauffeurs ont observé un arrêt de travail sur différents circuits à Port-au-Prince.

D’autres villes rejoignent le mouvement

Après Gonaïves (Artibonite, Nord) et Cayes, Aquin, Cavaillon (Sud), ainsi que Petit-Goave (Ouest, direction sud du pays), d’autres villes d’Haïti tendent à rejoindre le mouvement orchestré la semaine dernière contre la cherté de la vie.

A Jérémie (Sud-Ouest), des rumeurs faisaient croire que des protestataires allaient même incendier la base régionale de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah). Cinq personnes ont, à l’occasion, été appréhendées par la police.

A Petit-Goâve, à 68 kilomètres au sud de la capitale, un mouvement de protestation contre la vie chère a également eu lieu. Ecoles, centres commerciaux ont dû fermer leurs portes, tandis que la route nationale No 2 a été bloquée pendant une bonne partie de la journée au cours de la manifestation. A Miragoane (Nippes, Sud-Ouest), à quelques kilomètres de Petit-Goâve, les activités ont été paralysées par des jets de pierres et l’annonce d’un probable mouvement contre la vie chère.

A Léogane, à une trentaine de kilomètres au sud de Port-au-Prince, les activités ont été paralysées, notamment par des barricades de pneus usagés enflammés.

Les desiderata de la population

Outre les biens essentiels à la consommation (farine, pain, sucre, huile de cuisine, lait, riz et autres) qui connaissent une hausse sans précédent ces derniers mois, les prix d’autres biens stratégiques, comme les produits pétroliers, viennent de subir un relèvement à la fin de mars 2008. Ce qui porte les conducteurs de transports publics à exiger une variation à la hausse du tarif des transports publics.

Certains chauffeurs ont même donné un ultimatum au gouvernement [jusqu’au 11 avril 2008] pour l’adoption de mesures concrètes devant faire baisser le coût de la vie à tous les niveaux.

Ce lundi 7 avril 2008, des manifestants ont mis la détérioration de la situation nationale sur le compte des parlementaires, en particulier les députés qui avaient donné un vote de confiance au gouvernement Alexis en février dernier, malgré le peu de résultats obtenus par l’équipe au pouvoir depuis juin 2006. Une session des députés, sur les événements en cours, n’a pas pu se dérouler devant l’ampleur des manifestations par groupes à Port-au-Prince.

Des économistes ainsi que des secteurs du mouvement alternatifs stigmatisent la conduite des autorités qui s’adonnent tête baissée dans l’application des politiques néolibérales, dictées par les bailleurs de fonds internationaux comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sans se soucier de dispositions appropriées pour affronter les éventuelles tensions sociales.

Au contraire, les dirigeants nationaux préfèrent associer la vie chère sur le marché national à une augmentation des prix au plan international. Les promesses de programme d’apaisement social (Pas) à celles de projets à impact communal (Pic) ne sont pas ressenties dans leur matérialisation par la population nationale.

Des dirigeants nationaux auraient évoqué un possible « tremblement de terre », c’est-à-dire une réalité d’agitation voire de bouleversements sociaux sur le territoire national dans les prochaines semaines, indiquent des milieux politiques dans la capitale haïtienne. [do rc apr 07/04/2008 14 :40]

article sur la situation en haiti

Un début de semaine mouvementé à Port-au-Prince


Après certaines villes départementales, c'est au tour de la capitale, Port-au-Prince, de vivre, le 7 avril, une journée mouvementée suite à des manifestations populaires. Martissant, Bel Air, Carrefour, Delmas, Canapé Vert et le Centre ville sont entre autres endroits de Port-au-Prince qui ont connu une effervescence. Comme dans les provinces, les manifestants de Port-au-Prince dénoncent la « vie chère ».

Début de semaine difficile à Port-au-Prince. Tôt ce lundi 07 avril, des passants et des véhicules ont été pris à partie par des inconnus qui lançaient des pierres dans les quartiers de Martissant et de Fontamara, au sud de Port-au-Prince. Ces mouvements de protestations ont gagné Bel Air, Carrefour, Delmas, Canapé Vert, entre autres.

Par ailleurs, des manifestants ont été remarqués au centre commercial de Port-au-Prince. Leur passage était marqué par des actes de violences: jets de pierre, véhicules brisés, pneus brulés, des pare-brises de véhicules cassées et des magasins vandalisés. Des barricades ont également été érigées à divers endroits.

Aux environs de 16 heures, plusieurs milliers de manifestants étaient encore dans les rues au centre commercial. Ils réclamaient la baisse du coût des produits de base sur le marché. Par ailleurs, des manifestants se sont arrêtés devant le Ministère du Commerce et au Parlement haïtien pour signifier leur mécontentement aux autorités publiques, aux cris de « nou pa kapab ankò »/ (on n'en peut plus).

Cette situation a provoqué le ralentissement des activités commerciales et du transport en commun dans la capitale.

De nouvelles manifestions aux Cayes

Aux Cayes d'autres manifestations violentes se sont produites dans plusieurs quartiers de la ville. Certains individus armés, dont certains avaient le visage masqué de foulards, ont vandalisé des établissements commerciaux, dont un entrepôt d'articles divers appartenant à un proche du sénateur Gabriel Fortune.

L'hôtel Le Manguier, à la fois la résidence privée du sénateur, a essuyé des tirs d'armes lourdes (fusils d'assaut) ainsi que divers projectiles en provenance des manifestants. Des agents de sécurité haïtiens, chargés de la protection du sénateur Fortune, ont riposté à cette attaque. Sur place, une personne a été mortellement atteinte parmi les manifestants.

La commune d'Aquin a été le théâtre aussi de manifestations violentes ce matin. Les protestataires ont bloqué la route National No. 2 et saccagé la mairie de la ville, emportant tout les matériels.

Dans la commune de Camp-Perrin, plus spécialement à Levy, un group de manifestants a bloqué la route conduisant à Jérémie. A Torbeck, dans les zones de Mahot et Houk, des manifestants ont placé des barricades sur la route Nationale No. 2 Prolongée, bloquant ainsi l'accès à la zone côtière.

Sur place, toutes les unités de la Police des Nations Unies (UNPol), de l'Unité de Police Constituée (FPU) et des militaires de la MINUSTAH ont intensifié ses patrouilles pédestres, motorisés et héliportées, en appuie à la Police Nationale d'Haïti (PNH).

Par ailleurs, la MINUSTAH « appelle tous ceux et celles qui participent à ces manifestations populaires pacifiques, en Haïti, d'éviter le piège de la violence, qui n'aura pour effet que d'empirer le problème de la hausse des prix et de mettre en danger la sécurité physique d'innocents ».

Intervenant à propos de ces incidents, lors d'une conférence de presse, le 04 avril, le Premier Ministre Jacques Edouard Alexis a appelé ses compatriotes au calme, soulignant que ces manifestations interpellent au plus haut point le Gouvernement. « Depuis plus de 3 mois, nous débattons sérieusement de la question du coût de la vie et du chômage pour voir comment alléger les souffrances de la population », a fait savoir le chef du Gouvernement.