bonjour
ouin pas très encouragent je pense bien que je suis mieux de faire le deuil d un second enfant:(
Haïti: l'adoption suspendue pour longtemps
Ce n'est pas demain la veille que des Québécois pourront espérer adopter un enfant haïtien. Deux mois et demi après le séisme du 12 janvier, tout nouveau dossier est toujours refusé et la situation dans les crèches inquiète.
«Malheureusement, c'est dommage à dire, mais l'adoption, c'est un business pour les crèches. Sans adoption, elles n'ont plus de rentrées d'argent et les enfants seront à la rue», lance Isabelle Lemoine, vice-présidente d'Accueillons un enfant, l'un des deux organismes québécois pour l'adoption en Haïti. «Il ne faut pas se leurrer : si ça dure, ils n'accepteront plus d'enfants.»
Même si elle se réjouit à l'idée que le Québec a rapidement sorti d'Haïti les 126 bambins dont le dossier était suffisamment avancé pour recevoir le feu vert des autorités haïtiennes, elle ne cache pas sa crainte de voir des orphelins du séisme souffrir de l'arrêt des procédures.
Pourtant, dit-elle, d'importantes instances haïtiennes, dont l'Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), la justice et les archives, ont recommencé à fonctionner.
S'il n'en tenait qu'à elle, Mme Lemoine souhaiterait voir les dossiers d'adoption redémarrer illico. D'autant plus, dit-elle, que le séisme, qui a fait 220 000 morts, a suscité beaucoup de sympathie chez de potentiels parents adoptifs. «Mon coeur de maman dirait tout de suite!» lance celle qui a adopté une Haïtienne l'an dernier.
Mais du même souffle, Mme Lemoine reconnaît qu'il faut être réaliste. «Ils ont déjà beaucoup d'ouvrage à se reconstruire et à traiter les dossiers existants, alors ce ne sera pas dans les semaines à venir. On parle de plusieurs mois.»
Malgré tout, Mme Lemoine qualifie le Québec «d'excessivement chanceux» d'avoir ici ces petits Haïtiens arrivés rapidement après le séisme. Ce qui n'est pas le cas partout. «Jeudi dernier, un enfant prévu pour une famille en France est décédé. C'est le premier et ce ne sera pas le dernier», laisse-t-elle tomber.
Du côté du Secrétariat à l'adoption internationale (SAI), la directrice générale, Luce de Bellefeuille, croit aussi que ça prendra du temps avant de voir le pays s'ouvrir de nouveau à l'adoption. Des mois, peut-être des années. «Pour le moment, on n'a rien de concret à l'horizon. Ce sera vraiment selon l'orientation du gouvernement haïtien.»
Oui, certains organismes publics fonctionnent, dit-elle. Sauf qu'une instance comme l'IBESR, mentionné par Isabelle Lemoine, ne s'occupe pas que d'adoption, précise Mme de Bellefeuille.
Plus globalement, Luce de Bellefeuille insiste sur l'importance de ne pas précipiter de nouveaux bébés dans le cycle de l'adoption. «Ces enfants ont besoin d'être stabilisés dans leur pays. Ils ont vécu des traumatismes. Il ne faut pas en rajouter en les promenant de bras en bras.»
Positive, elle croit même que les tristes lendemains du séisme pourraient permettre d'améliorer les choses. «Ils vont peut-être en profiter pour revoir leur loi. Dans plusieurs domaines, ont dit que c'est le temps de réfléchir à la façon de reprendre les choses. L'adoption n'y fait pas exception.»
Valérie Gaudreau
Le Soleil
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